sesshin sans jouets

Faire une sesshin « sans jouets », sans distraction.
> sans se parler
> sans se regarder
> en silence total (sans aucune parole)
> tout le monde en zazen face au mur, le maître aussi
–personne ne regarde personne, si ce n’est soi-même.

Une sesshin de 5 jours, 14h de zazen par jour –un seul grand zazen

Peu à peu soi-même, le soi ordinaire, disparaît, et le Soi se déploie.

Kosho Uchiyama Roshi pensait que c’est la manière la plus directe de mettre en pratique ces mots de Sawaki Roshi:
« Zazen is the self doing itself by itself. »

Être Soi par zazen.

Ces retraites « sans jouets » ont été proposées par Kosho Uchiyama Roshi (1912-1998) après la mort de son maître Kodo Sawaki Roshi.
Aujourd’hui, de telles sesshins sont proposées par Shohaku Okumura Roshi.

Une traduction du texte de Kosho Uchiyama Roshi

zazen, c’est bon à rien

Sawaki Roshi, grand maître zen du XXe siècle disait:
zazen is good for nothing,
zazen, c’est bon à rien.

D’après Okumura Roshi,
Cela signifie que zazen est bon, mais pas à quelque chose en particulier.
C’est bon en soi.

Et maître Okumura raconte, à ce propos, une histoire de myrtilles et de baies de sorbier –vous savez, ces petites boules rouge vif qu’on a envie de manger, mais qui sont toxiques.
Voici l’histoire. Continuer la lecture de « zazen, c’est bon à rien »

hishiryō 非思量

Un jour,  alors que maître Yakusan était en zazen, un moine lui demanda:
« Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ? »
Yakusan dit « Je pense (shiryō) la non-pensée (fushiryō) ».
Le moine demanda « Comment peut-on penser la non-pensée ? »
Yakusan dit « Par ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée (hishiryō). »

Dōgen – Zazenshin, citation tirée du Recueil de la transmission de la Lampe de l’ère Keitoku (Keitoku Dentoroku)

Shiryō – la pensée
Fushiryō – la non-pensée
Hishiryō – au-delà de la pensée. Il n’y a plus de pensée ni de non-pensée : funi, non-deux.

Subtile différence sémantique entre ces deux préfixes privatifs: fu et hi.
Fu indique l’absence de la chose niée: fushiryō, la non-pensée, il n’y a pas de pensée.
Hi indique la différence de niveau, d’ordre: hishiryō, qui n’est pas de l’ordre de la pensée.

zazen par Koun Ejō

Si vous vous abandonnez à l’expiration
et laissez votre inspiration vous remplir en un harmonieux va-et-vient,
il ne reste plus qu’un zafu sous le ciel vide, le poids d’une flamme.

Koun Ejō (1198-1280) – Kōmyō zo zanmai (1278)
(successeur de Dōgen)


vacuité

La vacuité n’est ni le néant, ni un espace vide distinct des phénomènes. C’est la nature même des phénomènes.

Les phénomènes surgissent d’un processus d’interdépendance de causes et de conditions, mais rien n’existe en soi ni par soi. D’un point de vue absolu, le monde n’a pas d’existence réelle ou concrète. L’aspect relatif, c’est le monde phénoménal, et l’aspect absolu, c’est la vacuité.

La contemplation directe de la vérité absolue transcende tout concept intellectuel, toute dualité entre sujet et objet.

D’après Matthieu Ricard – Le Moine et le Philosophe, 1997

Cette « contemplation directe »
au-delà de toute dualité,
au-delà de la pensée,
est zazen

zazen 坐禅

za 座 assise
zen禅 (chinois, chān, sanskrit, dhyāna) recueillement profond

Dans le kanji za 座 on distingue l’idéogramme humain deux fois:  人人
Une répétition évoquant la pluralité, la multitude.
A la fois un et multiple.
Zazen seul·e et avec tous les êtres.
Cela rappelle la déclaration du Bouddha Shākyamuni au moment de son Éveil: « moi et tous les êtres vivants avons réalisé l’Éveil suprême ».

Dans ce même kanji, 土 représente la terre, le sol dans lequel s’enracine le zazen. L’étymologie de 土 est la balance. Le centre de gravité se trouve à la croisée de cette croix, dans le hara, le ventre. (D’après un enseignement de Jokei Sensei)

Zazen, socle de la vie

Ryōtan Tokuda Roshi en zazen


Ryōtan Tokuda Igarashi (au Brésil)

Mon esprit est dans mes mains, dans ma respiration et dans chaque partie de mon corps, afin de maintenir une posture correcte. Je ne m’efforce qu’à cela.

On se concentre dans la posture et dans la respiration. On oublie parfois cette concentration. On entre alors dans fushiryō. Je commence à comprendre qu’hishiryō est vaste et universel. Qu’il ne dépend pas de mes pensées limitées. Même nos pensées idiotes sont incluses dans quelque chose de beaucoup plus vaste. Et c’est pourquoi je veux approfondir toujours plus la pratique.

Enseignement de Tokuda Roshi

zen

zen (zen-na) désigne la pratique japonaise du bouddhisme chinois chan (tchan-na) dont l’origine remonte au mot sanskrit dhyāna (recueillement, contemplation).

Le cœur du zen est zazen, simplement s’asseoir, shikantaza.