une feuille de papier

Si vous êtes poète, vous verrez clairement un nuage flotter dans une feuille de papier. Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas; et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier.

En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. Et nous voyons aussi le bûcheron qui a coupé le bois, et ses parents qui lui ont donné naissance, etc.

Et en examinant encore plus profondément, Continuer la lecture de « une feuille de papier »

vacuité

La vacuité n’est ni le néant, ni un espace vide distinct des phénomènes. C’est la nature même des phénomènes.

Les phénomènes surgissent d’un processus d’interdépendance de causes et de conditions, mais rien n’existe en soi ni par soi. D’un point de vue absolu, le monde n’a pas d’existence réelle ou concrète. L’aspect relatif, c’est le monde phénoménal, et l’aspect absolu, c’est la vacuité.

La contemplation directe de la vérité absolue transcende tout concept intellectuel, toute dualité entre sujet et objet.

D’après Matthieu Ricard – Le Moine et le Philosophe, 1997

Cette « contemplation directe »
au-delà de toute dualité,
au-delà de la pensée,
est zazen

vide 空


L’une des observations fondamentales du Bouddha Shakyamuni est le fait que rien, aucun phénomène, n’existe en soi: toute apparition d’un phénomène est le produit d’autres phénomènes.

Ce fait est appelé pratītya samutpada en sanskrit, la coproduction conditionnée: tout être, tout phénomène, est produit par une conjonction de conditions.

Un exemple souvent utilisé dans les sūtras bouddhiques pour comprendre ce fait, est celui de la bulle d’air.

Une bulle est de l’air pris dans de l’eau. Dans la mer, par exemple, elle apparaît au fond de l’eau, monte peu à peu à la surface et disparaît. Y a-t-il une substance bulle, ou non ?

Nous disons non, car une bulle est de l’air pris dans de l’eau. Il y a deux choses, de l’air et de l’eau. Où est la bulle ? Il n’y a rien qui soit une bulle, en tant que chose indépendante.

Une bulle est la désignation d’un phénomène, le nom d’une condition : le moment où de l’air est pris dans de l’eau.

Ainsi, nous ne pouvons pas dire que les bulles sont quelque chose. Mais nous ne pouvons pas dire non plus qu’il n’y a pas de bulles. Cela existe en tant que phénomène, mais pas en tant qu’entité fixe.

Cette observation conduit à la constatation que tout est vide d’existence propre, tout est vacuité (sanskrit, sūnyatā).

D’après un enseignement d’Okumura Roshi

le dressage du buffle de maître Kakuan

Au XIIe siècle, le maître chan (jap. zen) Kakuan proposa une nouvelle version de l’histoire taoïste du dressage du taureau (plus souvent appelé le dressage du buffle), en 10 tableaux commentés.

La version taoïste de cette recherche spirituelle se terminait, au dixième tableau, par le cercle vide représentant la vacuité.


Or, Kakuan place ce cercle de la vacuité en 8e position de la série, exprimant ainsi l’un des fondements du bouddhisme. Continuer la lecture de « le dressage du buffle de maître Kakuan »

5 skandhas ou « agrégats »

Dans le bouddhisme, on distingue cinq composantes (pañcaskandhī) de l’individu (ego):
rūpa, la forme corporelle
vedanā, la sensation
saṃjñā, la perception
saṃskāra, la formation mentale
vijñānala, la conscience

NB La conscience est une réponse, ou connaissance, qui provient de la stimulation de l’une des six facultés (œil, oreilles, nez, langue, corps, esprit). Parler « des consciences » semble plus approprié.

En examinant chacune de ces composantes, on se rend compte que chacune d’entre elle est sans cesse changeante, selon les circonstances de la vie.

Cette constatation est l’un des aspects fondamentaux de la réalité observée par le Bouddha Shakyamuni: l’impermanence de toute chose dans l’univers