8 pratiques de la Voie

L’Octuple sentier est la Voie qui mène à la cessation de la souffrance.

L’éthique (sīla)
1. Parole juste
2. Action juste
3. Moyens d’existence justes

L’attention (samādhi)
4. Effort juste
5. Attention juste
6. Concentration juste

La sagesse (prajñā)
7. Compréhension (vision) juste
8. Intention (discernement) juste

« juste » au sens musical: accordé aux circonstances.

Rien n’est figé, tout est en relation, relatif.

prajñā, la connaissance directe de la  vacuité fondamentale.
Eno – Sūtra de l’Estrade (discours 4 & 8)

Le fondement du chemin est la sagesse,
qui mène à l’équanimité, à la non-discrimination.

3 esprits – sanshin 三心

Dōgen Zenji (1200-1253) recommandait que toute personne sur la Voie cultive ces 3 esprits, qui sont l’esprit d’avant l’ajout des conséquences des 3 poisons: l’avidité et du rejet et de l’ignorance.

l’esprit vastedaishin: l’esprit comme l’océan ou la montagne, calme, qui accueille tout ce qui advient sans discrimination, sans résistance, avec équanimité.
l’esprit bienveillantroshin: « l’esprit ancien », mûr et paisible, qui peut aimer sans condition, sans attendre quoi que ce soit en retour.
l’esprit joyeuxkishin: l’esprit de la joie profonde, même dans les situations difficiles, la joie qui naît de la compréhension, par zazen, de la valeur de la vie, que nous vivons non-séparés, avec tous les êtres.

Lorsque ces 3 esprits sont ancrés dans zazen,
ils permettent de vivre et œuvrer en harmonie avec les autres.

D’après un enseignement de Shohaku Okumura Roshi

Ryōtan Tokuda Roshi en zazen


Ryōtan Tokuda Igarashi (au Brésil)

Mon esprit est dans mes mains, dans ma respiration et dans chaque partie de mon corps, afin de maintenir une posture correcte. Je ne m’efforce qu’à cela.

On se concentre dans la posture et dans la respiration. On oublie parfois cette concentration. On entre alors dans fushiryō. Je commence à comprendre qu’hishiryō est vaste et universel. Qu’il ne dépend pas de mes pensées limitées. Même nos pensées idiotes sont incluses dans quelque chose de beaucoup plus vaste. Et c’est pourquoi je veux approfondir toujours plus la pratique.

Enseignement de Tokuda Roshi

le dressage du buffle en 10 images

Maître Kakuan commente les tableaux du dressage du buffle.
(taureau, buffle ou bœuf… juste une image du Soi)

1) A la recherche du taureau

Dans le pâturage de ce monde, à la recherche du taureau, sans cesse j’écarte les hautes herbes.
En suivant des rivières sans nom, perdu parmi les lacis des sentiers de montagnes lointaines
Désespéré et épuisé, je ne puis trouver le taureau.
J’entends seulement les grillons grésiller à travers la forêt, dans la nuit. Continuer la lecture de « le dressage du buffle en 10 images »

le dressage du buffle de maître Kakuan

Au XIIe siècle, le maître chan (jap. zen) Kakuan proposa une nouvelle version de l’histoire taoïste du dressage du taureau (plus souvent appelé le dressage du buffle), en 10 tableaux commentés.

La version taoïste de cette recherche spirituelle se terminait, au dixième tableau, par le cercle vide représentant la vacuité.


Or, Kakuan place ce cercle de la vacuité en 8e position de la série, exprimant ainsi l’un des fondements du bouddhisme. Continuer la lecture de « le dressage du buffle de maître Kakuan »

zazen par Okumura Roshi

Pendant zazen, il n’y a pas d’objet, il y a le mur en face de nous, mais nous ne le voyons pas comme un objet. Comme il n’y a pas d’objet, souvent notre pensée même devient un objet. L’objet de cette personne assise en recueillement.

Ainsi, quand nous sommes assis en silence, les pensées qui vont et viennent deviennent l’objet de notre pensée. Dans ce cas, l’esprit est séparé en deux parties : l’une est le sujet et l’autre est l’objet. Et nous commençons alors à interagir. Parfois, nous nous disons que cette idée est bonne, parfois que celle-ci ne l’est pas, et on continue à penser à cette idée.

Mais lorsque nous sommes juste assis, et laissons aller les pensées, elles ne deviennent pas un objet de pensée. Elles apparaissent, disparaissent, sans être nourries ni rejetées.

Il n’y a alors plus de séparation.
Il n’y a ni sujet, ni objet.
Nous sommes d’une seule pièce, un.

D’après un enseignement d’Okumura Roshi

zazen – s’asseoir en silence

Juste s’asseoir avec force et abandon.

« La pratique du zen (sanzen 参禅) est l’assise silencieuse (zazen 坐禅) »

« Rejetez tout engagement et abandonnez toute affaire.
Ne pensez pas « ceci est bien, cela est mal ».

Étendez une natte épaisse et placez un coussin dessus.
Asseyez-vous en lotus ou en demi-lotus [ou les jambes croisées en position birmane].
Asseyez-vous bien droit, ni penché à gauche ni penché à droite, ni en avant ni en arrière.
[Les genoux ancrés dans le sol, les ischions  posés sur le zafu, la colonne s’étire naturellement vers le ciel].
Assurez-vous que vos oreilles sont dans le même plan que vos épaules et que votre nez se trouve sur la même ligne verticale que votre nombril. Placez la langue en avant contre le palais. La bouche est fermée, les dents se touchent.
Les yeux restent toujours mi-ouverts [à la fois à l’extérieur et à l’intérieur –plus de différence].
Respirez doucement par le nez.

Quand vous avez pris la posture correcte, respirez profondément une fois, inspirez et expirez. Balancez votre corps de droite à gauche plusieurs fois, puis immobilisez-vous dans une position assise stable.

Pensez à ne pas penser. Comment pense-t-on à ne pas penser ?
Au-delà de la pensée [laisser la pensée apparaître et disparaître.
Lorsque l’esprit ne se pose sur rien, le véritable esprit apparaît].
Cela en soi est l’art essentiel du zazen.

Le zazen dont je parle n’est pas l’apprentissage de la méditation.
C’est la pratique de la grande paix et de la joie.
C’est la pratique de l’Éveil. »

D’après Dōgen Zenji (1200-1253) – Zazengi, 1243 & Fukanzazengi, 1227