3 poisons

Les 3 poisons à l’origine de toute souffrance sur la terre.

L’avidité, le rejet et l’ignorance.

La soif insatiable de vouloir autre chose et plus.
Le rejet de tout ce qui ne nous convient pas.
L’ignorance que le moi n’a de substance propre:
il est constitué de 5 agrégats, sans cesse en transformation.
Rien n’est fixe, tout change sans cesse.

L’antidote? Cultiver un esprit éveillé!

le filet d’Indra

Dans le Sūtra de la guirlande de fleurs
(Avatamsaka Sūtra, jap. Kegonkei 華厳経)
la réalité de l’univers
est comparée à un filet infini,
dont les intersections sont faites de joyaux transparents,
eux aussi infinis,
le filet d’Indra.

A chaque nœud de ce réseau se trouve un cristal,
relié à toutes les autres cristaux.
Transparent,
chaque joyau se reflète dans chaque joyau.

Ces joyaux sont les phénomènes,
choses et êtres humains,
qui apparaissent, et en se transformant, disparaissent
au fil des circonstances sans cesse changeantes.

Qu’est-ce que cela nous dit? Continuer la lecture de « le filet d’Indra »

la force de l’esprit

Dans le Dhammapada, un recueil de stances du canon pali, il est dit:

Nous sommes ce que nous pensons.
Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.
Avec nos pensées, nous créons le monde.
Parlons ou agissons avec un esprit impur,
et la souffrance nous suit comme la roue suit le bœuf tirant le char.

Nous sommes ce que nous pensons.
Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.
Avec les pensées nous créons le monde.
Parlons ou agissons avec un esprit pur,
et le bonheur nous accompagne telle notre ombre inséparable.

« impur » et « pur » dans le sens de voir les choses du point de vue de la sagesse: sans ajouter de jugement, voir le monde avec les yeux de la joie profonde de la compréhension profonde (prajna).

hishiryō 非思量

Un jour,  alors que maître Yakusan était en zazen, un moine lui demanda:
« Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ? »
Yakusan dit « Je pense (shiryō) la non-pensée (fushiryō) ».
Le moine demanda « Comment peut-on penser la non-pensée ? »
Yakusan dit « Par ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée (hishiryō). »

Dōgen – Zazenshin, citation tirée du Recueil de la transmission de la Lampe de l’ère Keitoku (Keitoku Dentoroku)

Shiryō – la pensée
Fushiryō – la non-pensée
Hishiryō – au-delà de la pensée. Il n’y a plus de pensée ni de non-pensée : funi, non-deux.

Subtile différence sémantique entre ces deux préfixes privatifs: fu et hi.
Fu indique l’absence de la chose niée: fushiryō, la non-pensée, il n’y a pas de pensée.
Hi indique la différence de niveau, d’ordre: hishiryō, qui n’est pas de l’ordre de la pensée.

3 esprits – sanshin 三心

Dōgen Zenji (1200-1253) recommandait que toute personne sur la Voie cultive ces 3 esprits, qui sont l’esprit d’avant l’ajout des conséquences des 3 poisons: l’avidité et du rejet et de l’ignorance.

l’esprit vastedaishin: l’esprit comme l’océan ou la montagne, calme, qui accueille tout ce qui advient sans discrimination, sans résistance, avec équanimité.
l’esprit bienveillantroshin: « l’esprit ancien », mûr et paisible, qui peut aimer sans condition, sans attendre quoi que ce soit en retour.
l’esprit joyeuxkishin: l’esprit de la joie profonde, même dans les situations difficiles, la joie qui naît de la compréhension, par zazen, de la valeur de la vie, que nous vivons non-séparés, avec tous les êtres.

Lorsque ces 3 esprits sont ancrés dans zazen,
ils permettent de vivre et œuvrer en harmonie avec les autres.

D’après un enseignement de Shohaku Okumura Roshi

le dressage du buffle en 10 images

Maître Kakuan commente les tableaux du dressage du buffle.
(taureau, buffle ou bœuf… juste une image du Soi)

1) A la recherche du taureau

Dans le pâturage de ce monde, à la recherche du taureau, sans cesse j’écarte les hautes herbes.
En suivant des rivières sans nom, perdu parmi les lacis des sentiers de montagnes lointaines
Désespéré et épuisé, je ne puis trouver le taureau.
J’entends seulement les grillons grésiller à travers la forêt, dans la nuit. Continuer la lecture de « le dressage du buffle en 10 images »