4 vœux – un grand vœu

Les êtres sont innombrables, je fais vœu de les libérer
Les illusions sont intarissables, je fais vœu d’y mettre fin
Les portes du dharmas sont illimités, je fais vœu de les pénétrer
La Voie du Bouddha est insurpassable, je fais vœu de la réaliser

shujō muhen sei gan do 衆生無邊誓願度
bon-no mujin sei gan dan 煩惱無盡誓願斷
ho mon muryō sei gan gaku 法門無量誓願學
butsu do mujō sei gan jo 佛道無上誓願成

D’après la Sōtōshu Shūmuchō, l’institution japonaise de l’école sōtō

Ce n’est que lorsque vous vivez par ce vœu que tout ce que vous rencontrez renforcera votre vie en tant que bouddhadharma.
Tant que vous basez votre vie sur ce vœu, où que vous soyez, tôt ou tard le printemps viendra.
Il suffit de maintenir ces quatre vœux, ils sont essentiels.
D’après Uchiyama Roshi

4 « nobles vérités »

Bouddha Shakyamuni a partagé sa compréhension de la réalité du monde, après des années de recherche et d’observation.

Son enseignement est le fruit d’une expérience, et peut être appelé de manière plus directe par les 4 constats,
« je n’ai fait qu’exposer les vérités de la Nature ».

1. Constat de la souffrance (présente tout au long de la vie)
2. Origine de la souffrance (avidité de ce qu’on aime, rejet de ce qu’on n’aime pas, et ignorance de la réalité profonde)
3. Cessation de la souffrance (prise de conscience profonde)
4. Voie à suivre pour la suppression de la souffrance (octuple sentier)

une feuille de papier

Si vous êtes poète, vous verrez clairement un nuage flotter dans une feuille de papier. Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas; et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier.

En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. Et nous voyons aussi le bûcheron qui a coupé le bois, et ses parents qui lui ont donné naissance, etc.

Et en examinant encore plus profondément, Continuer la lecture de « une feuille de papier »

1000 maîtres – 1 maître

Toutes et tous
les maîtres,
ici, maintenant
enseignent la Voie
mille voix – une résonance
au-delà du temps et de l’espace
multiple, sans fin


Quelques points du fil de la transmission:
Inde Shākyamuni (-Ve) – Nāgārjuna (200 EC) – Prajnātara (Ve)
Chine Bodhidharma (470-532) – Eno (638-713) –  Sekito Kisen (700-790) – Tōzan Ryokai (807-869) – Wanshi Shōgaku (1091-1157) – Tendō Nyōjo (1163-1228) –
Japon Dōgen Zenji (1200-1253) – Kōdō Sawaki (1880-1965) –  Kōshō Uchiyama (1912-1998) – Shundō Aoyama (1933-) –
USA
Shunryū Suzuki (1904-1971)- Dainin Katagiri (1928-1990) – Shōhaku Okumura (1948) –
Europe: Taisen Deshimaru (1914-1982) – Rei Ryu Coupey (1937-) – Ryōtan Tokuda (1938-) – Joshin Bachoux (1950-) –

Quand vous rencontrez un.e Maître qui enseigne la pratique de l’Éveil parfait et universel, ne soyez pas exagérément préoccupé par son statut social, sa nationalité, son apparence, ses erreurs ou son comportement.
Dōgen – Raihai Tokuzui (1240)

…prendre le meilleur, et accepter le reste!

Gasshō 合掌

ga 合 joindre
shō 掌 paume

Joindre deux en un

Les herbes restent invisibles
dans le champ enneigé
le héron blanc se cache
dans sa propre apparence
Dōgen

…comme le bouddha caché dans notre corps, dit Shōhaku Okumura Roshi.

La pratique de la prosternation est semblable. En offrant des prosternations, nous sommes cachés dans le monde de la coproduction conditionnée. Nous disparaissons dans ce monde et devenons un avec tous les êtres.
Okumura Roshi

 

sesshin sans jouets

Faire une sesshin « sans jouets », sans distraction.
> sans se parler
> sans se regarder
> en silence total (sans aucune parole)
> tout le monde en zazen face au mur, le maître aussi
–personne ne regarde personne, si ce n’est soi-même.

Une sesshin de 5 jours, 14h de zazen par jour –un seul grand zazen

Peu à peu soi-même, le soi ordinaire, disparaît, et le Soi se déploie.

Kosho Uchiyama Roshi pensait que c’est la manière la plus directe de mettre en pratique ces mots de Sawaki Roshi:
« Zazen is the self doing itself by itself. »

Être Soi par zazen.

Ces retraites « sans jouets » ont été proposées par Kosho Uchiyama Roshi (1912-1998) après la mort de son maître Kodo Sawaki Roshi.
Aujourd’hui, de telles sesshins sont proposées par Shohaku Okumura Roshi.

Une traduction du texte de Kosho Uchiyama Roshi

zazen, c’est bon à rien

Sawaki Roshi, grand maître zen du XXe siècle disait:
zazen is good for nothing,
zazen, c’est bon à rien.

D’après Okumura Roshi,
Cela signifie que zazen est bon, mais pas à quelque chose en particulier.
C’est bon en soi.

Et maître Okumura raconte, à ce propos, une histoire de myrtilles et de baies de sorbier –vous savez, ces petites boules rouge vif qu’on a envie de manger, mais qui sont toxiques.
Voici l’histoire. Continuer la lecture de « zazen, c’est bon à rien »

hishiryō 非思量

Un jour,  alors que maître Yakusan était en zazen, un moine lui demanda:
« Que pensez-vous en restant immobile, assis sur le sol ? »
Yakusan dit « Je pense (shiryō) la non-pensée (fushiryō) ».
Le moine demanda « Comment peut-on penser la non-pensée ? »
Yakusan dit « Par ce qui n’est pas de l’ordre de la pensée (hishiryō). »

Dōgen – Zazenshin, citation tirée du Recueil de la transmission de la Lampe de l’ère Keitoku (Keitoku Dentoroku)

Shiryō – la pensée
Fushiryō – la non-pensée
Hishiryō – au-delà de la pensée. Il n’y a plus de pensée ni de non-pensée : funi, non-deux.

Subtile différence sémantique entre ces deux préfixes privatifs: fu et hi.
Fu indique l’absence de la chose niée: fushiryō, la non-pensée, il n’y a pas de pensée.
Hi indique la différence de niveau, d’ordre: hishiryō, qui n’est pas de l’ordre de la pensée.

3 esprits – sanshin 三心

Dōgen Zenji (1200-1253) recommandait que toute personne sur la Voie cultive ces 3 esprits, qui sont l’esprit d’avant l’ajout des conséquences des 3 poisons: l’avidité et du rejet et de l’ignorance.

l’esprit vastedaishin: l’esprit comme l’océan ou la montagne, calme, qui accueille tout ce qui advient sans discrimination, sans résistance, avec équanimité.
l’esprit bienveillantroshin: « l’esprit ancien », mûr et paisible, qui peut aimer sans condition, sans attendre quoi que ce soit en retour.
l’esprit joyeuxkishin: l’esprit de la joie profonde, même dans les situations difficiles, la joie qui naît de la compréhension, par zazen, de la valeur de la vie, que nous vivons non-séparés, avec tous les êtres.

Lorsque ces 3 esprits sont ancrés dans zazen,
ils permettent de vivre et œuvrer en harmonie avec les autres.

D’après un enseignement de Shohaku Okumura Roshi

zazen par Koun Ejō

Si vous vous abandonnez à l’expiration
et laissez votre inspiration vous remplir en un harmonieux va-et-vient,
il ne reste plus qu’un zafu sous le ciel vide, le poids d’une flamme.

Koun Ejō (1198-1280) – Kōmyō zo zanmai (1278)
(successeur de Dōgen)