le filet d’Indra

Dans le Sūtra de la guirlande de fleurs
(Avatamsaka Sūtra, jap. Kegonkei 華厳経)
la réalité de l’univers
est comparée à un filet infini,
dont les intersections sont faites de joyaux transparents,
eux aussi infinis,
le filet d’Indra.

A chaque nœud de ce réseau se trouve un cristal,
relié à toutes les autres cristaux.
Transparent,
chaque joyau se reflète dans chaque joyau.

Ces joyaux sont les phénomènes,
choses et êtres humains,
qui apparaissent, et en se transformant, disparaissent
au fil des circonstances sans cesse changeantes.

Qu’est-ce que cela nous dit? Continuer la lecture de « le filet d’Indra »

une feuille de papier

Si vous êtes poète, vous verrez clairement un nuage flotter dans une feuille de papier. Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas; et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier.

En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. Et nous voyons aussi le bûcheron qui a coupé le bois, et ses parents qui lui ont donné naissance, etc.

Et en examinant encore plus profondément, Continuer la lecture de « une feuille de papier »

4 sceaux de l’enseignement

Bouddha Shakyamuni a observé 4 grands principes:

Tout est
1. souffrance (naissance, maladie, vieillesse, mort)
2. impermanence (tout est phénomène: apparaît et disparaît à plus ou moins longue échéance)
3. coproduction conditionnée (toute chose est le produit d’autres phénomènes)
4. nirvāna (équanimité, profondément paisible)

Vivre au sein du 1er ou du 4e sceau dépend de notre éveil à la réalité du 2e et du 3e sceau –lesquels démontrent la vacuité fondamentale de tout phénomène.

3 corbeilles – tipitaka

Tipitaka (sanskrit, tripitaka), tri: trois, pitaka: corbeille.
Elles constituent l’ensemble des textes du canon bouddhique ancien.

1. Les vinayas: les règles de la communauté (posées au fur et à mesure des problèmes rencontrés)
2. Les suttas (sanskrit, sūtras): les paroles du Bouddha Shakyamuni (mémorisées et récitées par Ananda, proche disciple, et au fil du temps mises par écrit –plus de dix mille sutras assemblés en cinq sections appelées nikāyas)
3. Les abhidhammas (sanskrit, abhidharmas): les interprétations des paroles du Bouddha Shakyamuni

Les abhidharmas, littéralement « La corbeille des commentaires », sont des commentaires de tout ce qui relève de la réalité relative et peut donc être interprété, discuté, comme par exemple la question de la réincarnation (une personne peut-elle renaître?), ou la question de la nature du corps du Bouddha Shakyamuni (3 corps du Bouddha).

Ce qui relève de la réalité ultime, ce sont les principes observés par le Bouddha Shakyamuni. Par exemple, le fait que tout ce qui existe est impermanent, ou qu’aucun être ou autre phénomène existe en soi, mais est le produit de circonstances (coproduction conditionnée).

vide 空


L’une des observations fondamentales du Bouddha Shakyamuni est le fait que rien, aucun phénomène, n’existe en soi: toute apparition d’un phénomène est le produit d’autres phénomènes.

Ce fait est appelé pratītya samutpada en sanskrit, la coproduction conditionnée: tout être, tout phénomène, est produit par une conjonction de conditions.

Un exemple souvent utilisé dans les sūtras bouddhiques pour comprendre ce fait, est celui de la bulle d’air.

Une bulle est de l’air pris dans de l’eau. Dans la mer, par exemple, elle apparaît au fond de l’eau, monte peu à peu à la surface et disparaît. Y a-t-il une substance bulle, ou non ?

Nous disons non, car une bulle est de l’air pris dans de l’eau. Il y a deux choses, de l’air et de l’eau. Où est la bulle ? Il n’y a rien qui soit une bulle, en tant que chose indépendante.

Une bulle est la désignation d’un phénomène, le nom d’une condition : le moment où de l’air est pris dans de l’eau.

Ainsi, nous ne pouvons pas dire que les bulles sont quelque chose. Mais nous ne pouvons pas dire non plus qu’il n’y a pas de bulles. Cela existe en tant que phénomène, mais pas en tant qu’entité fixe.

Cette observation conduit à la constatation que tout est vide d’existence propre, tout est vacuité (sanskrit, sūnyatā).

D’après un enseignement d’Okumura Roshi