4 « nobles vérités »

Bouddha Shakyamuni a partagé sa compréhension de la réalité du monde, après des années de recherche et d’observation.

Son enseignement est le fruit d’une expérience, et peut être appelé de manière plus directe par les 4 constats,
« je n’ai fait qu’exposer les vérités de la Nature ».

1. Constat de la souffrance (présente tout au long de la vie)
2. Origine de la souffrance (avidité de ce qu’on aime, rejet de ce qu’on n’aime pas, et ignorance de la réalité profonde)
3. Cessation de la souffrance (prise de conscience profonde)
4. Voie à suivre pour la suppression de la souffrance (octuple sentier)

une feuille de papier

Si vous êtes poète, vous verrez clairement un nuage flotter dans une feuille de papier. Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie; sans pluie, les arbres ne pousseraient pas; et sans arbre, nous ne pourrions pas faire de papier.

En regardant encore plus en profondeur dans cette feuille de papier, nous y voyons aussi le soleil. Sans soleil, la forêt ne pourrait pousser. Et nous voyons aussi le bûcheron qui a coupé le bois, et ses parents qui lui ont donné naissance, etc.

Et en examinant encore plus profondément, Continuer la lecture de « une feuille de papier »

la force de l’esprit

Dans le Dhammapada, un recueil de stances du canon pali, il est dit:

Nous sommes ce que nous pensons.
Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.
Avec nos pensées, nous créons le monde.
Parlons ou agissons avec un esprit impur,
et la souffrance nous suit comme la roue suit le bœuf tirant le char.

Nous sommes ce que nous pensons.
Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées.
Avec les pensées nous créons le monde.
Parlons ou agissons avec un esprit pur,
et le bonheur nous accompagne telle notre ombre inséparable.

« impur » et « pur » dans le sens de voir les choses du point de vue de la sagesse: sans ajouter de jugement, voir le monde avec les yeux de la joie profonde de la compréhension profonde (prajna).

4 sceaux de l’enseignement

Bouddha Shakyamuni a observé 4 grands principes:

Tout est
1. souffrance (naissance, maladie, vieillesse, mort)
2. impermanence (tout est phénomène: apparaît et disparaît à plus ou moins longue échéance)
3. coproduction conditionnée (toute chose est le produit d’autres phénomènes)
4. nirvāna (équanimité, profondément paisible)

Vivre au sein du 1er ou du 4e sceau dépend de notre éveil à la réalité du 2e et du 3e sceau –lesquels démontrent la vacuité fondamentale de tout phénomène.

1000 maîtres – 1 maître

Toutes et tous
les maîtres,
ici, maintenant
enseignent la Voie
mille voix – une résonance
au-delà du temps et de l’espace
multiple, sans fin


Quelques points du fil de la transmission:
Inde Shākyamuni (-Ve) – Nāgārjuna (200 EC) – Prajnātara (Ve)
Chine Bodhidharma (470-532) – Eno (638-713) –  Sekito Kisen (700-790) – Tōzan Ryokai (807-869) – Wanshi Shōgaku (1091-1157) – Tendō Nyōjo (1163-1228) –
Japon Dōgen Zenji (1200-1253) – Kōdō Sawaki (1880-1965) –  Kōshō Uchiyama (1912-1998) – Shundō Aoyama (1933-) –
USA
Shunryū Suzuki (1904-1971)- Dainin Katagiri (1928-1990) – Shōhaku Okumura (1948) –
Europe: Taisen Deshimaru (1914-1982) – Rei Ryu Coupey (1937-) – Ryōtan Tokuda (1938-) – Joshin Bachoux (1950-) –

Quand vous rencontrez un.e Maître qui enseigne la pratique de l’Éveil parfait et universel, ne soyez pas exagérément préoccupé par son statut social, sa nationalité, son apparence, ses erreurs ou son comportement.
Dōgen – Raihai Tokuzui (1240)

…prendre le meilleur, et accepter le reste!

Gasshō 合掌

ga 合 joindre
shō 掌 paume

Joindre deux en un

Les herbes restent invisibles
dans le champ enneigé
le héron blanc se cache
dans sa propre apparence
Dōgen

…comme le bouddha caché dans notre corps, dit Shōhaku Okumura Roshi.

La pratique de la prosternation est semblable. En offrant des prosternations, nous sommes cachés dans le monde de la coproduction conditionnée. Nous disparaissons dans ce monde et devenons un avec tous les êtres.
Okumura Roshi

 

Dharma

« Comprendre le mot dhamma (dharma en sanskrit) serait tout comprendre du bouddhisme car il en est le mot clef. »
D’après Lilian Silburn, Aux sources du bouddhisme

Le Dharma désigne essentiellement deux aspects de la réalité,
la réalité ultime
– La compréhension qu’a eue le Bouddha Shakyamuni de la réalité ultime, des choses « telle quelles sont » (avant d’être altérées par les interprétations humaines) –et par extension, l’enseignement du Bouddha.
la réalité relative
– Les phénomènes, tels que nous les percevons et vivons à travers nos relations avec les êtres et les choses – la réalité relative.

Nous sommes partie de l’univers.
Tout est source d’enseignement de la réalité ultime.
Tant la vision sage du monde,
que la réalité illusoire –pour autant qu’on la perçoive comme telle.

Illusion et éveil,
les deux faces d’une pièce
Universel et singulier,
les parties d’un tout
Ryōkan

maître ?

Il y a bien longtemps, sous la dynastie Tang, vivait le grand maître Joshu Shinsai, successeur de  Nansen Fugan. On dit qu’il commença à pratiquer à l’âge de 60 ans de tout son cœur et son corps.

Il voyageait de temple en temple, disant que la Voie est enseignée partout:
« Même à une petite fille de 7 ans, si elle en sait plus que moi, je lui demande de m’enseigner.
Même si c’est un vieillard de 100 ans, s’il en sait moins que moi, je dois lui donner l’enseignement. »

Un maître peut se présenter sous toute forme, indépendamment du sexe, de l’âge, ou « de sa nationalité ou de son rang social ».

Dōgen en parle dans le texte Raihai Tokuzui (1240) du Shōbōgenzō.
Raihai
, se prosterner.
Toku, atteindre.
Zi, la moelle.
Se prosterner pour atteindre la moelle [de l’Éveil]

Se prosterner, sincèrement, intérieurement, cela signifie reconnaître le maître, le bouddha, et lui faire totalement confiance.

Dōgen dit dans le Raihai Tokuzui:
« même les arbres et les pierres nous prêchent le Dharma, et nous devrions demander même aux champs et aux villages qu’ils nous prêchent le Dharma. Nous devrions interroger les piliers extérieurs, et nous devrions questionner même les clôtures et les murs. »

L’enseignement par les arbres et les rochers renvoie à une histoire (bientôt publiée ici…) relatée dans les Jātakas, les récits des vies antérieures du Bouddha Shakyamuni.