3 poisons

Les 3 poisons à l’origine de toute souffrance sur la terre.

L’avidité, le rejet et l’ignorance.

La soif insatiable de vouloir autre chose et plus.
Le rejet de tout ce qui ne nous convient pas.
L’ignorance que le moi n’a de substance propre:
il est constitué de 5 agrégats, sans cesse en transformation.
Rien n’est fixe, tout change sans cesse.

L’antidote? Cultiver un esprit éveillé!

4 vœux – un grand vœu

Les êtres sont innombrables, je fais vœu de les libérer
Les illusions sont intarissables, je fais vœu d’y mettre fin
Les portes du dharmas sont illimités, je fais vœu de les pénétrer
La Voie du Bouddha est insurpassable, je fais vœu de la réaliser

shujō muhen sei gan do 衆生無邊誓願度
bon-no mujin sei gan dan 煩惱無盡誓願斷
ho mon muryō sei gan gaku 法門無量誓願學
butsu do mujō sei gan jo 佛道無上誓願成

D’après la Sōtōshu Shūmuchō, l’institution japonaise de l’école sōtō

Ce n’est que lorsque vous vivez par ce vœu que tout ce que vous rencontrez renforcera votre vie en tant que bouddhadharma.
Tant que vous basez votre vie sur ce vœu, où que vous soyez, tôt ou tard le printemps viendra.
Il suffit de maintenir ces quatre vœux, ils sont essentiels.
D’après Uchiyama Roshi

6 paramitas

param, de l’autre côté
ita, arrivé
Aller du côté de l’Éveil, de la connaissance.

Les 6 accomplissements de la sagesse
1. la générosité (Dana Paramita)
2. l’éthique (Sila Paramita)
3. la patience (Ksanti Paramita)
4. la persévérance (Virya Paramita)
5. l’attention méditative (Dyana Paramita)
6. la sagesse (Prajna Paramita) (compréhension profonde basée sur le non-dualisme du filet d’Indra)

La sagesse est la base des 6 paramitas.

Par exemple, donner, dana, de façon complètement pure, détachée de toute attente en retour, est preuve d’une réelle sagesse: une compréhension profonde du non-deux.

3 trésors – refuge

Le Bouddha
Le Dharma (son enseignement)
La Sangha (la communauté autour de lui)

Prendre refuge dans les 3 trésors,
de tout cœur
en soi-même
–revivifier les 3 refuges en nous

Je prends refuge dans le Bouddha
Je prends refuge dans le Dharma
Je prends refuge dans la Sangha

南無帰依仏 :  namu ki e butsu
南無帰依法 :  namu ki e hō
南無帰依層 :  namu ki e sō

Originellement, le trésor « Bouddha » faisait référence au bouddha historique Shakyamuni. A sa disparition, les disciples se sont demandé:
« Alors maintenant, c’est quoi le trésor de Bouddha? »
Ils se dirent, ce sont « ses paroles », le Bouddhadharma.

Les paroles du Bouddha invitent à pratiquer zazen, et,
à avancer sur la voie la sagesse, à chaque instant,
par la pratique des paramitas.

Le Bouddhadharma est en chacune et chacun d’entre nous.

8 pratiques de la Voie

L’Octuple sentier est la Voie qui mène à la cessation de la souffrance.

L’éthique (sīla)
1. Parole juste
2. Action juste
3. Moyens d’existence justes

L’attention (samādhi)
4. Effort juste
5. Attention juste
6. Concentration juste

La sagesse (prajñā)
7. Compréhension (vision) juste
8. Intention (discernement) juste

« juste » au sens musical: accordé aux circonstances.

Rien n’est figé, tout est en relation, relatif.

prajñā, la connaissance directe de la  vacuité fondamentale.
Eno – Sūtra de l’Estrade (discours 4 & 8)

Le fondement du chemin est la sagesse,
qui mène à l’équanimité, à la non-discrimination.

4 « nobles vérités »

Bouddha Shakyamuni a partagé sa compréhension de la réalité du monde, après des années de recherche et d’observation.

Son enseignement est le fruit d’une expérience, et peut être appelé de manière plus directe par les 4 constats,
« je n’ai fait qu’exposer les vérités de la Nature ».

1. Constat de la souffrance (présente tout au long de la vie)
2. Origine de la souffrance (avidité de ce qu’on aime, rejet de ce qu’on n’aime pas, et ignorance de la réalité profonde)
3. Cessation de la souffrance (prise de conscience profonde)
4. Voie à suivre pour la suppression de la souffrance (octuple sentier)

4 sceaux de l’enseignement

Bouddha Shakyamuni a observé 4 grands principes:

Tout est
1. souffrance (naissance, maladie, vieillesse, mort)
2. impermanence (tout est phénomène: apparaît et disparaît à plus ou moins longue échéance)
3. coproduction conditionnée (toute chose est le produit d’autres phénomènes)
4. nirvāna (équanimité, profondément paisible)

Vivre au sein du 1er ou du 4e sceau dépend de notre éveil à la réalité du 2e et du 3e sceau –lesquels démontrent la vacuité fondamentale de tout phénomène.

3 corbeilles – tipitaka

Tipitaka (sanskrit, tripitaka), tri: trois, pitaka: corbeille.
Elles constituent l’ensemble des textes du canon bouddhique ancien.

1. Les vinayas: les règles de la communauté (posées au fur et à mesure des problèmes rencontrés)
2. Les suttas (sanskrit, sūtras): les paroles du Bouddha Shakyamuni (mémorisées et récitées par Ananda, proche disciple, et au fil du temps mises par écrit –plus de dix mille sutras assemblés en cinq sections appelées nikāyas)
3. Les abhidhammas (sanskrit, abhidharmas): les interprétations des paroles du Bouddha Shakyamuni

Les abhidharmas, littéralement « La corbeille des commentaires », sont des commentaires de tout ce qui relève de la réalité relative et peut donc être interprété, discuté, comme par exemple la question de la réincarnation (une personne peut-elle renaître?), ou la question de la nature du corps du Bouddha Shakyamuni (3 corps du Bouddha).

Ce qui relève de la réalité ultime, ce sont les principes observés par le Bouddha Shakyamuni. Par exemple, le fait que tout ce qui existe est impermanent, ou qu’aucun être ou autre phénomène existe en soi, mais est le produit de circonstances (coproduction conditionnée).

3 esprits – sanshin 三心

Dōgen Zenji (1200-1253) recommandait que toute personne sur la Voie cultive ces 3 esprits, qui sont l’esprit d’avant l’ajout des conséquences des 3 poisons: l’avidité et du rejet et de l’ignorance.

l’esprit vastedaishin: l’esprit comme l’océan ou la montagne, calme, qui accueille tout ce qui advient sans discrimination, sans résistance, avec équanimité.
l’esprit bienveillantroshin: « l’esprit ancien », mûr et paisible, qui peut aimer sans condition, sans attendre quoi que ce soit en retour.
l’esprit joyeuxkishin: l’esprit de la joie profonde, même dans les situations difficiles, la joie qui naît de la compréhension, par zazen, de la valeur de la vie, que nous vivons non-séparés, avec tous les êtres.

Lorsque ces 3 esprits sont ancrés dans zazen,
ils permettent de vivre et œuvrer en harmonie avec les autres.

D’après un enseignement de Shohaku Okumura Roshi

5 skandhas ou « agrégats »

Dans le bouddhisme, on distingue cinq composantes (pañcaskandhī) de l’individu (ego):
rūpa, la forme corporelle
vedanā, la sensation
saṃjñā, la perception
saṃskāra, la formation mentale
vijñānala, la conscience

NB La conscience est une réponse, ou connaissance, qui provient de la stimulation de l’une des six facultés (œil, oreilles, nez, langue, corps, esprit). Parler « des consciences » semble plus approprié.

En examinant chacune de ces composantes, on se rend compte que chacune d’entre elle est sans cesse changeante, selon les circonstances de la vie.

Cette constatation est l’un des aspects fondamentaux de la réalité observée par le Bouddha Shakyamuni: l’impermanence de toute chose dans l’univers